Le tourisme, l’espoir d’après-guerre pour le Wakhan

Pour les plus jeunes, l’Afghanistan n’a qu’un visage, celui de la guerre. Dans la mémoire de toute une génération de baroudeurs un peu plus âgés, l’Afghanistan a pourtant un autre visage, adoré celui-là, d’un pays superbe, riche d’un patrimoine historique époustouflant et habité par une mosaïque d’ethnies unique à l’hospitalité légendaire. L’Himalaya a son extrémité occidentale en Afghanistan, il faut le rappeler. Un coup d’œil sur une carte physique de l’Asie suffit pour s’en rendre compte : à l’ouest du Karakorum, le massif de l’Hindu Kush est bien plus afghan que pakistanais. Des dizaines de vallées perdues à plus de 3.000 m d’altitude, des sommets de 6.000 m comme s’il en pleuvait, et quelques 7.000 : l’Afghanistan fait bien partie de la grande famille des pays himalayens…

Dans les années 60 et 70, par milliers, les Européens de l’Ouest comme de l’Est firent le voyage initiatique vers Kaboul, souvent en Combi Volkswagen ou en 4L, poussant jusqu’au célèbre corridor du Wakhan. L’invasion du pays par les Soviétiques, en décembre 1979, stoppa brutalement le flux de voyageurs.
L’expédition « Les Afghans au sommet » veut néanmoins porter un message de paix et rappeler qu’il est à nouveau possible de voyager en sécurité dans le nord-est du pays.

La revitalisation envisageable de l’économie afghane par l’activité touristique est plus que nécessaire tant le pays et ses habitants sont marqués par les 30 annés de guerre qu’ils ont subies. La reconstruction du pays passe aussi par ce genre d’initiative, alors que de plus en plus de paysans afghans choisissent la voie de la culture d’opium pour subsister…

 « Les Afghans ont besoin de signes d’intérêt pour leur pays de la part de la communauté internationale, et pas seulement de troupes étrangères et d’assistance humanitaire…» commentait en 2003 Domenico Giorgi, ambassadeur d’Italie à Kaboul et l’un des fervents soutiens de l’expédition Oxus. « Cette expédition est précoce, reconnaissait-il, mais si l’on attend des conditions de sécurité parfaites, on attendra éternellement. Le tourisme de montagne fut une particularité locale et représente un espoir fort pour une zone à développement faible comme l’Hindu Kush. » Ses paroles restent totalement d’actualité, 6 ans plus tard.

Le timide retour des trekkeurs et himalayistes s’est amorcé. « Les Afghans au sommet » s’inscrit donc cette dynamique : un club de montagne sera créé dans la vallée du Wakhan, qui recevra en don le matériel de montagne ayant servi à l'expédition. Les 4 jeunes Afghans ayant participé à cette aventure espèrent ainsi assurer leur carrière de guide de montagnes avec d'autres groupes lors de treks et d'ascensions.

Plus d’infos sur l’espoir touristique au pays du Noshaq sur le web :

- Mountain Unity, site de promotion du tourisme montagnard dans l’Hindu Kush :
mountainunity.org
-  Le récit du premier Festival des Pamirs, organisé en 2007 :
http://pamirtimes.wordpress.com/2007/11/20/pamir-festival-mehboob-aziz/
- Le site internet de Julien Dufour, guide de trek français, avec de très nombreuses informations sur le corridor du Wakhan :
www.juldu.com

Récits de treks contemporains dans le Wakhan :

- A Journey to the Wakhan Pamir, récit d’un trekking réalisé en août 2004 par les journalistes John Mock et Kimberley O’Neil, auteurs pour Lonely Planet.
- In « The Hard Way - A Short Walk in the Wakhan Corridor” du journaliste Mark Jenkins, publié par “Outside Magazine” en novembre 2005 : http://outside.away.com/outside/destinations/200511/afghanistan-1.html


- Le récit du premier trek commercial d’après-guerre, organisé en 2007 par Louis Meunier sous l’égide de Mountain Wilderness :
www.mountainwilderness.fr/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=396&Itemid=123
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